Le livre du mois / Juillet - Août 2017 : La Maison des souvenirs et de l’oubli /...

LE LIVRE DU MOIS : JUILLET - AOÛT 2017


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Le poème du mois / Juiillet - Août 2017 : Jeu dangereux / Rade Drainac


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SERBICA ♦ Revue électronique ♦ N° 19 / 2017

SERBICA


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Enquête : poésie - réponses de Bojana Stojanović-Pantović

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Enquête : poésie - réponses de Djordje Despić

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Enquête : poésie - réponses de Boris Lazić

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Vasiljev
 
Dušan Vasiljev
 
 
 
 
 
 


II


LE POÈME DU MOIS : NOVEMBRE 2016

 

 

 

DUŠAN VASILJEV
(1900-1924)

 

 

L’HOMME CHANTE APRES LA GUERRE
 

J’ai pataugé dans le sang jusqu’aux genoux
et je n’ai plus de rêves.
Ma sœur se prostitue
et les blancs cheveux de ma mère sont tondus.
Aucun butin ne m’intéresse
dans ces eaux troubles de la luxure et de la fange :
Oh, j’aspire à l’air ! au lait !
Et à la blanche rosée du matin.
 
J’ai rit dans le sang jusqu’aux genoux
sans demander : pourquoi ?
J’appelais maudit ennemi mon frère
et poussais des cris de joie en m’élancant dans l’obscurité,
lorsque dieu, l’homme et la tranchée au diable s’en allaient !
 
Aujourd’hui, pourtant, placide je regarde l’épicier lépreux
enlacer ma femme tant désirée,
me dérober le toit au-dessus de la tête –
et je n’ai pas la volonté – ou n’ai pas la force – de me vanger.

Hier encore, soumis, je baissait la tête,
furieusement épris de la honte.
Hier encore je ne comprenais pas mon destin véritable –
mais aujourd’hui je le connais !
 
Oh, je suis un homme ! Un homme !
 
Je ne regrette pas d’avoir pataugé dans le sang
jusqu’aux genoux
ni d’avoir survécu aux années rouges de la boucherie
pour cette sainte Connaissance
que m’apporte la ruine.
 
Et je ne revendique aucune part du butin :
oh, donnez-moi ne serait-ce qu’une poignée d’air pur
et un peu de rosée blanche matinale –
je vous fais grâce du reste !
 

Traduit du serbe par Boris Lazić


ДУШАН ВАСИЉЕВ

ЧОВЕК ПЕВА ПОСЛЕ РАТА


Ја сам газио у крви до колена,
И немам више снова.
Сестра ми се продала
И мајци су ми посекли седе косе.
И ја у овом мутном мору блуда и кала
Не тражим плена:
Ох, ја сам жељан зрака! И млека!
И беле јутарње росе!

Ја сам се смејао у крви до колена,
и нисам питао: зашто?
Брата сам звао душманом клетим,
И кликтао сам кад се у мраку напред хрли,
И онда лети к врагу и Бог, и човек, и ров!

А данас мирно гледам како ми жељену жену
губави бакалин грли,
и како ми с главе разноси кров;
и немам воље – ил немам снаге – да му се светим.

Ја сам до јуче покорно сагибо главу
И бесно сам љубио срам.
И до јуче нисам знао судбину своју праву –
Али је данас знам!

Ох, та ја сам Човек! Човек!

Није ми жао што сам газио у крви до колена
и преживео црвене године клања,
ради овог светог сазнања
што ми је донело пропаст.

И ја не тражим плена:
Ох, дајте мени још само шаку зрака
И мало беле, јутарње росе –
Остало вам на част!

 

In : Српска књижевност у сто књига, Песници II, Матица српска, Српска књижевна задруга, Нови Сад – Београд, 1965.

 

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LAZA KOSTIĆ
(1841-1910)

PARMI LE REVE ET LE REVEIL

O mon cœur abandonné,

qui t’appela devant mon seuil ?

fileuse de rêves sans fin

toi qui files des fils tant fins

parmi le rêve et le réveil.

O mon cœur encor fou,

que fais-tu de fils pareils ?

telle la fileuse tranquille*,

ce que jour file, nuit effile,

parmi le rêve et le réveil.

O mon cœur courroucé,

évite-moi ce dur écueil !

car alors comment se fait-il

que je te perds dans tous ces fils

parmi le rêve et le réveil !

*    En original : Pletilja stara, Fileuse ancienne. Le poète fait allusion à Pénélope. [N.d.T.]

                                                            Traduit du serbe par Kolja Mićević

In Les Saluts slaves, Editions « Kolja Mićević », Paris-Belleville, 2002, p. 80.