Danilov_-_portrait

 

 

  A lire 

    Europe sous la neige

 

 

 

Poète, essayiste et romancier, Dragan Jovanović Danilov est né en 1960, en Serbie. Même s’il excelle dans divers genres littéraires, il est surtout considéré, dès les années 1990, comme poète majeur de sa génération. Auteur d’une œuvre abondante et variée, Danilov a publié, jusqu’à présent, douze recueils de poésie parmi lesquels il faut mentionner en particulier : Кућа Бахове музике / Maison de la musique de Bach, 1993 ; Кућа Бахове музике / Maison de la musique de Bach, trilogie, 1998; Хомер предграђа / Homère de banlieue, 2003, Моја тачна привиђења / Mes spectres exacts, 2010. Danilov a également publié trois romans : Алманах пешчаних дина / Almanach des dunes de sable, 1996 ; Иконостас са краја света / L’iconostase du bout du monde, 1998 ; Отац ледених брда / Le père des montagnes de glace, 2009 ; ainsi qu’un essai sous forme de manifeste poétique : Срце океана / Cœur de l’océan, 1999. Il est aussi l’auteur de plusieurs monographies sur les peintres serbes contemporains.

Poète de la méta textualité, lyrique au souffle long et à la versification ample, baroque, richement diversifiée (Maison de la musique de Bach, recueil majeur paru au moment de la dislocation de l’Etat yougoslave, offre des métriques qui vont de l’hexamètre au vers blanc et libre, en passant par plusieurs formes rimées), Danilov est le peintre des instants de grâce, des visions intérieures. Formé dès les années quatre-vingt du siècle passé, par essence postmoderne, il témoigne d’un heureux mélange du poeta docta et du poeta vates. Sa facilité à peindre les intuitions troubles, les expériences singulières et la gratitude païenne de sa glorification du monde se marient à de forts élans mystiques. Poète aux vers chargés de visions, d’émotions, de vibrations sémantiques aux sonorités diverses qui renvoient à autant de possibles psychologies humaines dont ses poèmes se font l’expression et qui transforment pressentiments, flux et reflux du subconscient en réalité esthétique, il se fera témoin d’une aspiration vers l’innocence, vers l’authenticité, vers la blancheur immaculée. 

A la fois explorateur, voyageur, peintre de la vie provinciale et scrutateur de la vie intellectuelle, intérieure, chantre d’une banlieue aussi vaste qu’un monde elliotien privé de son centre de gravité, sa prose réflexive et poétique s’ancre, sur le plan théorique, dans l’expérience moderniste. Son manifeste poétique, Cœur de l’océan, œuvre de premier ordre, représente un plaidoyer polémique pour la liberté de l’expression artistique. Si le monde est océan et la poésie sa peinture et son aboutissement, alors discourir depuis le cœur de l’acte artistique signifie exercer un acte réfléchi majeur.

Dans l’expérience poétique de Danilov, maturité et innocence vont de pair et ne forment pas de dualité contraire, contradictoire. Il chante le monde dans toutes ses singularités, depuis son innocence jusqu’à ses bassesses et de la sorte l’esthétise, le rachète – par la mise en abyme, par le verbe. Cette sacralisation du vécu est de nature éthique et esthétique, au sens où la grâce poétique suggère une forme particulière de la connaissance et invite à s’en délecter, à en jouir. Danilov apaise son mal-être et sa mélancolie par une poésie aux riches accents visionnaires, rhétoriques et musicaux.

Dragan Jovanović Danilov a été traduit en anglais, français, allemand, italien, grec, bulgare, slovaque, roumain et macédonien. Il a reçu plusieurs prix littéraires, dont : « Branko », « Zmaj », « Branko Miljković », « Meša Selimović », « Oskar Davičo », « Stevan Pešić ».

♦ Etudes et articles en serbe : Душица Потић : За скривеним/сливеним суштинама, Књижевна омладина Србије, Београд, 1993, р. 32-38 ; Ватрено крштење (антологија : приредио и предговор написао Зоран Ђерић), Кровови, Сремски Карловци, 1995 ; Књижевност, број 9-19, 1997. Блок критичких текстова посвећених збирци песама Кућа Бахове музике ; Зоран Богнар: Фотографије гласова, Багдала, Крушевац, 1997, р. 9-20 ; Тихомир Брајовић: Речи и сенке, Просвета, Београд, 1997 ; Bojana Stojanović-Pantović : Nebolomstvopanorama srpskog pesništva kraja XX veka. Predgovor, p. 5–15. Zagreb: Hrvatsko društvo pisaca i Durieux, 2006. Biobibliografske napomene, p. 225–246.

Boris Lazić

         Poète, essayiste et romancier, Dragan Jovanović Danilov est né en 1960, en Serbie. Même s’il excelle dans divers genres littéraires, il est surtout considéré, dès les années 90, comme poète majeur de sa génération. Auteur d’une œuvre abondante et variée, Danilov a publié, jusqu’à présent, douze recueils de poésie parmi lesquels il faut mentionner en particulier : Кућа Бахове музике/Maison de la musique de Bach, 1993; Кућа Бахове музике/Maison de la musique de Bach, trilogie, 1998; Хомер предграђа/Homère de banlieue, 2003, Моја тачна привиђења/Mes spectres exacts, 2010. Danilov a également publié trois romans : Алманах пешчаних дина/Almanach des dunes de sable, 1996 ; Иконостас са краја света/L’iconostase du bout du monde, 1998 ; Отац ледених брда/Le père des montagnes de glace, 2009 ; ainsi qu’un essai sous forme de manifeste poétique : Срце океана/Cœur de l’océan, 1999. Il est aussi l’auteur de plusieurs monographies sur les peintres serbes contemporains.

Poète de la méta textualité, lyrique au souffle long et à la versification ample, baroque, richement diversifiée (Maison de la musique de Bach, recueil majeur paru au moment de la dislocation de l’Etat yougoslave, offre des métriques qui vont de l’hexamètre au vers blanc et libre, en passant par plusieurs formes rimées), Danilov est le peintre des instants de grâce, des visions intérieures. Formé dès les années quatre-vingt du siècle passé, par essence postmoderne, il témoigne d’un heureux mélange du Poeta docta et du Poeta vates. Sa facilité à peindre les intuitions troubles, les expériences singulières et la gratitude païenne de sa glorification du monde se marient à de forts élans mystiques. Poète aux vers chargés de visions, d’émotions, de vibrations sémantiques aux sonorités diverses qui renvoient à autant de possibles psychologies humaines dont ses poèmes se font l’expression et qui transforment pressentiments, flux et reflux du subconscient en réalité esthétique, il se fera témoin d’une aspiration vers l’innocence, vers l’authenticité, vers la blancheur immaculée.

         A la fois explorateur, voyageur, peintre de la vie provinciale et scrutateur de la vie intellectuelle, intérieure, chantre d’une banlieue aussi vaste qu’un monde elliotien privé de son centre de gravité, sa prose réflexive et poétique s’ancre, sur le plan théorique, dans l’expérience moderniste. Son manifeste poétique, Cœur de l’océan, œuvre de premier ordre, représente un plaidoyer polémique pour la liberté de l’expression artistique. Si le monde est océan et la poésie sa peinture et son aboutissement, alors discourir depuis le cœur de l’acte artistique signifie exercer un acte réfléchi majeur.

         Dans l’expérience poétique de Danilov, maturité et innocence vont de pair et ne forment pas de dualité contraire, contradictoire. Il chante le monde dans toutes ses singularités, depuis son innocence jusqu’à ses bassesses et de la sorte l’esthétise, le rachète – par la mise en abyme, par le verbe. Cette sacralisation du vécu est de nature éthique et esthétique, au sens où la grâce poétique suggère une forme particulière de la connaissance et invite à s’en délecter, à en jouir. Danilov apaise son mal-être et sa mélancolie par une poésie aux riches accents visionnaires, rhétoriques et musicaux.

         Dragan Jovanović Danilov a été traduit en anglais, français, allemand, italien, grec, bulgare, slovaque, roumain et macédonien. Il a reçu plusieurs prix littéraires, dont : « Branko », « Zmaj », « Branko Miljković », « Meša Selimović », « Oskar Davičo », « Stevan Pešić ».

Etudes et articles en serbe

Душица Потић: За скривеним/сливеним суштинама, Књижевна омладина Србије, Београд, 1993, стр. 32-38.

Ватрено крштење (антологија: приредио и предговор написао Зоран Ђерић), Кровови, Сремски Карловци, 1995.

Књижевност, број 9-19, 1997. Блок критичких текстова посвећених збирци песама Кућа Бахове музике.

Зоран Богнар, Фотографије гласова, Багдала, Крушевац, 1997, стр. 9-20.

Тихомир Брајовић, Речи и сенке, Просвета, Београд, 1997.

Bojana Stojanović-Pantović: Nebolomstvopanorama srpskog pesništva kraja XX veka. Predgovor, str. 5–15. Zagreb: Hrvatsko društvo pisaca i Durieux, 2006. 255. Biobibliografske napomene 225–246.

Boris Lazić