Rosic - portrait

Tiodor Rosić

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

A lire :

Un extrait de ce livre

AUTEUR

Poète, nouvelliste, romancier, essayiste, critique littéraire... Tiodor Rosić (1950) s’est fait également remarquer à Belgrade par ses nombreuses activités d’organisation et de direction dans le domaine de la culture. Sans ordre chronologique, il sera ainsi simultanément ou successivement directeur du programme littéraire de la maison de la culture Studenski grad (La Ville des étudiants), intervenant lors de nombreux symposiums, participant au Deuxième congrès des intellectuels serbes, rédacteur (en chef ou non) de plusieurs magazines littéraires, conférencier de Tribina srbistiske (La Tribune de la serbistique, où il aborde les questions que pose la langue serbe contemporaine) et de Apostoli ironije (Les Apôtres de l’ironie). Par ailleurs, il fonde et dirige Filološka biblioteka (La Bibliothèque philologique), devient rédacteur en chef de BIGZ, la grande maison d’éditions de Belgrade… et conseiller auprès du ministre de la Culture.

Tout en enseignant en parallèle la langue et la littérature serbes, Tiodor Rosić se consacre à l’écriture. « Je déteste les écrivains qui n’écrivent que des romans » déclarait Jovan Radulović dans une interview accordée au journal Politika en septembre 2012 ; nul doute que Tiodor Rosić n’était pas la cible de ce trait sarcastique car là où nombre d’auteurs restent sagement et confortablement cantonnés dans leur genre de prédilection – roman, nouvelles –, se permettant un éventuel écart dans l’art dramatique, les domaines dans lesquels Tiodor Rosić a déployé – au sens propre – ses facultés d’écriture sont aussi divers qu’inattendus. Au vu de sa formation et de sa thèse de doctorat : Ironie dans la poésie serbe contemporaine, nul ne sera surpris de découvrir des monographies sur la poésie dont Poezija i pamćenje (Poésie et mémoire, 1988), et Tražim pomilovanje Desanke Maksimović (J’implore la miséricorde de Desanka Maksimović, 2005),  des recueils de poèmes tels Leptir (Le Papillon, 1977) ou Odbrana od vlasti (Défense contre le pouvoir, 1993), ou encore des anthologies au nombre desquelles Savremena poezija jugoslovenskih naroda i narodnosti (Poésie contemporaine des peuples et nationalités yougoslaves, 1984) et Najlepše srpske narodne bajke (Les plus beaux contes populaires serbes, 2003).

Si on ne compte plus les contributions de Tiodor Rosić aux principaux périodiques et magazines serbes ni ses livres de polémiques ou recueils d’articles, il faut encore mentionner dans cette œuvre ‒ dont l’ampleur le dispute à l’éclectisme ‒ des recueils de nouvelles, entre autres, Le bouc qui ne se laisse pas monter ( Jarac koji se ne da uzjahati, 1987) et Nekršteni dani (Les Jours non baptisés, 1995), un drame : Dolina jorgovana (La Vallée du lilas, 1999), un roman : Pseća koža (Peau de chien, 1990), et des livres pour la jeunesse : Gospodar sedam bregova (Le Seigneur des sept montagnes, 1993), Biserni grad (La ville de perle, présenté comme un roman-conte, 2005), Priče starog čarobnjaka (Les Histoires d’un vieux magicien, 2010), et un livre illustré Ženidba Relje Krilatice (Le Mariage de Reljko, le cheval ailé, 1994).

 

LE BOUC QUI NE SE LAISSE PAS MONTER /
JARAC KOJI SE NE DA UZJAHATI, 1987

Ce recueil de nouvelles occupe une place particulière dans l’œuvre de Tiodor Rosić car, cette fois encore, l’auteur a délaissé les sphères qui lui étaient familières pour s’aventurer dans un genre nouveau pour lui, le fantastique. Publié en 1987, cet ouvrage n’entraîne pas le lecteur sur les chemins alors en vogue de la science-fiction mais lui propose des situations où le quotidien se révèle inexplicable, côtoie le mystérieux, voire ouvre sur le surnaturel. Le rationnel s’efface-t-il devant la toute-puissance de l’imaginaire, les certitudes solidement ancrées ne s’effondrent-elles pas devant l’angoisse que fait naître l’inconnu ? Du fait de sa porosité, le réel ‒ véritable ou illusoire ‒ ne révèle-t-il pas des mondes qui existent en parallèle et, parfois, manifestement … s’interpénètrent pour la plus grande perplexité ou déroute de ceux qui y sont confrontés ? Le désarroi, l’ivrognerie ne laissent pas la porte ouverte à la métempsychose, à l’incursion dans le présent d’êtres apparemment disparus ? Autant de questions qui se posent au lecteur… À lui d’y répondre, de laisser… peut-être… l’imagination et la fantaisie prendre le pas sur la raison.

Alain Cappon