Adasevic
Borivoje Adašević
 

 

 

 

 

 

 

 

A lire :

Un extrait de ce livre

 

Du_Troisime_royaume

 

AUTEUR

Né en 1974, Borivoje Adašević appartient à la génération d’auteurs qui a fait ses premiers pas dans l’écriture dans la seconde moitié des années 90. Cette génération formée dans l’ombre des guerres écoulées est apparue sur une scène littéraire en ruine et dans un mouvement d’incessante opposition au régime de Milosević.

Dans ses premières nouvelles publiées dans les périodiques, de même que dans le recueil Ekvilibristra (L’Équilibriste) qui date de 2000, Borivoje Adašević s’est efforcé de rendre à la littérature ce dont elle avait été privée : une qualité de style, une facture littéraire moderne, une palette de thèmes en phase avec leur époque. De la même façon, il a voulu restituer à la prose un peu de la po/éthique de la narration qu’évoquait en son temps Danilo Kiš. Le lyrisme et la manière de Borivoje Adašević, un style de très grande qualité, ses thèmes – l’effondrement, la perte de l’amour et de l’espace intime, la déshumanisation, la persécution des dissidents politiques...– ont fait entendre dans la littérature serbe une voix nouvelle et de premier plan.

Les nouvelles de Borivoje Adašević ont été publiées également en régions, notamment dans des périodiques de Croatie, et l’une a été incluse dans l’anthologie Poslastičarske priče ( Les Histoires du pâtissier) composée par David Albahari qui a décelé chez ce jeune auteur une qualité littéraire peu commune.

Borivoje Adašević est au premier chef un conteur quoiqu’il ait récemment publié, en 2009, un roman lyrique intitulé Čovek iz kuće na bregu (L’Homme de la maison sur la colline) où l’imagination lyrique sublime au plus haut point un texte de prose pour atteindre à la poésie, développe et peaufine les thèmes chers à l’auteur, présents déjà dans ses livres précédants.

IZ TREĆEG KRALJEVSTVA / DU TROISIÈME ROYAUME, 2006.

Ce recueil de nouvelles, de manière narrative, raconte la Yougoslavie, un pays qui s’est inexorablement effondré et a laissé derrière lui des débris que Borivoje Adašević conteur a su élever au niveau de documents littéraires, d’illustration de son propre passé étroitement lié à la disparition de ce pays. La patrie du conteur, dans les huit nouvelles qui composent cet ouvrage taillé comme un diamant, s’est ainsi vu graver une épitaphe.   

Qu’il s’agisse de la petite enfance en Yougoslavie ("Sur la charrette aux vieux papiers") ou, plus loin encore dans le temps, de la sombre période de la Seconde Guerre mondiale ("La Pluie et la nuit") que reproduisent les ténébreuses années 90 ("Pour un Maître étranger"), ou que surnagent les troubles mentaux d’amoureux perdus en des temps difficiles ("Les Griottes de la place Klauzal"), que des émigrés récapitulent leur passé et celui de leur pays ("Brève biographie de V. G. Fédjine"), Du Troisième Royaume relate en réalité le destin de l’artiste et de l’écrivain ("La Mouche sous une coupole de miel)" dans les Balkans, son écartellement entre son fantastique don d’écriture, sa responsabilité d’écrivain, et les forces historiques impitoyables qui font voler en éclats le destin des héros et d’un pays qui, d’un instant à l’autre, a perdu toute existence  hormis dans la littérature d’auteurs tel Borivoje Adašević.

Saša Ilić

(traduit du serbe par Alain Cappon)